ClassMACH 6.5

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Le couloir lesté contesté - Par Gérard Chenus (Bateaux décembre 2009)

L'apparition des « luges» il y a une dizaine d'années a bouleversé le petit monde des quillards de compétition, figé depuis des décennies.

A l'origine, il s'agissait surtout de voiliers classiques, étroits, lourds et bien lestés, à l' image des Star, Dragon, Soling...,puis de déclinaisons plus modernes de ce concept, comme le Monotype 7,50m. Ce monde bien rangé, où l'on régate souvent à haut niveau dans  une ambiance proche de la belle plaisance, est maintenant concurrencé par les « sport-boats » ou « Open », des voiliers qui, à défaut de proposer des flottes aussi bien constituées que les classiques, assurent à leurs équipages des sensations sous voiles jusque-là inconnues.

Lorsque Jean-Pierre Souviron décide de lancer, avec le concours du Groupe Finot, l'Open 7,50, sorti en 1997, des bateaux non habitables si grands n'existaient guère que dans la jauge internationale (5,50, 6 m JI et plus). A l'époque, les monotypes de régate étaient soit de conception ancienne (Soling, Star), soit plus habitables (First Class 8, Surprise, J 24). Une exception notable: le Melges 24, sorti juste avant, qui, tout en étant résolument high-tech, restait plus conventionnel sur le plan architectural.

L'irruption des bolides

Conçu dès le départ pour avoir des performances exceptionnelles, l'Open 7,50 s'est montré à la hauteur des attentes et a ouvert la voie à une nouvelle génération de petits bolides capables de naviguer à 20 nœuds, ce que beaucoup de plus grands ne peuvent pas faire. Ce qui est particulièrement intéressant dans l'évolution de cette nouvelle famille de bateaux, c'est que le développement des gammes s'est faite à l'inverse de l'habitude. Au lieu d'évoluer vers des modèles plus grands, on est plutôt parti vers «le mètre de moins ».

Plusieurs raisons à cela, et tout d'abord Le fait que, ces bateaux n'étant pas habitables, ils n'ont aucune contrainte de ce côté-là, mais aussi qu'ils planent tellement souvent qu'un déficit de longueur n'est pas un handicap sérieux. Enfin, et ce n'est pas le moindre argument: un 6,50 m est en gros deux fois moins cher qu'un 7,50 m. Rien d'étonnant donc à ce que cette dimension soit en train de donner naissance à une nouvelle catégorie: la Class6,5, qui entend faire courir ensemble Open 6,50, K 650, Mach 6.5 et les autres. Avec tous les écueils, mais aussi tous les avantages de ce type de classe, où les règles devraient rester très simples.

Plus près de la vraie monotypie, on trouve un autre bateau plus modeste, mais susceptible de connaître un succès international .(../...), c'est le Longze Premier, très comparable aux autres bateaux de ce gabarit, mais bien plus ouvert et bas de franc-bord. Pour tous.ces bateaux, le nombre d' équipiers standard est de quatre et leur participation au rappel est un élément essentiel pour le rendement.

A noter aussi la bonne santé des 5,50/5,70 m, représentés depuis quelques années par l'Open 5,70 de Philéas et le Speedfeet 18, auquel vient s'ajouter cette année le Seascape 18, de plan Samuel Manuard et construit en Slovénie.

Le planning tranquille

Enfin, l'Open 5,00, encore plus petit mais pas moins valeureux pour autant, surtout en termes de succès commercial (il n'a pas encore de concurrents !), prend le meilleur du dériveur, avec une voilure de taille équivalente et la même facilité de mise sur remorque grâce à son lest pénétrant complètement dans la coque pourvue de lèvres, comme pour une dérive. Grâce à ce lest, pas besoin de monter au trapèze, on se contentera de rappel en régate et de s'asseoir sur le plat-bord du bon côté en promenade. La modernité du dessin de la carène et de la voilure, avec son grand gennaker, conduisent assez facilement au planning, lui donnant toute la vivacité nécessaire à des régates d'autant plus vivantes qu'il y a déjà un bon nombre d'exemplaires construits.

 
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