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Par Manu   
La Rochelle - Vent d’Ouest 15-18 nœuds, mer peu agitée
 
Supersonique !
 
Ce petit monotype mérite bien son nom : c’est un véritable avion de chasse… qui se mène pourtant comme une mobylette ! Performances incroyables, sensations exceptionnelles, le Mach 650 a totalement conquis Christine Briand.
Whaou ! Une petite abattée de 30°, un petit choqué des voiles, et le Mach 650 nous emmène sur une autre planète : la fusée prend son envol et au gré des vagues, aligne tranquillement plus de treize nœuds de moyenne avec une brise encore raisonnable de 15-18 nœuds au vent de travers ! Regroupé au niveau de la barre d’écoute, l’équipage accentue le cabrage naturel du monotype qui décolle jusqu’à la quille pivotante pour ne plus s’appuyer que sur l’arrière de sa carène, large et caractérisée par son bouchain marqué. Et sous spi, c’est franchement l’extase avec une capacité à jouer sur les crêtes, à descendre dans une risée sans enfourner, à attaquer sans perdre le contrôle à la barre… Aucun monocoque de cette taille ne nous a encore offert de telles perceptions tout en restant totalement serein en terme de comportement et de sensation de sécurité. Il faudrait une dizaine de nœuds de plus de vent pour se dire (peut-être) que les vitesses atteintes ne sont plus raisonnables ! Il ne manque plus qu’une flotte monotype pour que le plaisir de la régate s’ajoute à la grâce des émotions… A déguster, non, à dévorer sans attendre !
 
Navigation
Décollage immédiat

Conditions idéales pour tester ce monotype, destiné à trois ou quatre équipiers, qui atteint des vitesses surprenantes au vu de sa taille sans efforts physiques.
Avec deux mètres de tirant d’eau, quille pivotante basse, le Mach 650 offre une bonne raideur à la toile pour un cap oscillant autour de 42° même dans le clapot court des Pertuis rochelais : trois au rappel au centre et le barreur sur le tiers arrière du grand cockpit, les poids sont centrés et le monotype passe bien dans les vagues même si parfois, la carène assez plate tape et que l’équipage est rapidement rincé.
 
Au près
A la barre, le Mach 650 est très bien équilibré avec de bonnes réactions dans les risées mais il faut limiter la gîte à 10-15° maximum pour s’appuyer sur le bouchain marqué à l’arrière. Les grands safrans sont très efficaces et le barreur doit seulement zigzaguer sur les crêtes comme en Laser pour ne pas s’arrêter dans les vagues. Les haubans très reculés contribuent à la raideur de l’étai en complément de la chute de la grand voile pour caper très haut dès que la mer est plate. Seul remarque : le chandelier arrière pourrait être avancé d’une vingtaine de centimètres ainsi que le retour de réglage du chariot de grand voile afin que le barreur s’avance un peu plus. De même, un balcon arrière serait plus sécurisant et permettrait d’installer une sangle réglable pour un confort accru du barreur.
Au portant
Le débridé donne déjà une dimension du potentiel de ce petit voilier : à peine les écoutes choquées, le Mach 650 peut surfer sur les vagues en se cabrant avec un équipage qui se recule pour soulager l’étrave. Les dix nœuds sont rapidement dépassés même avec une brise modérée et le bateau reste très stable de route avec un peu de tension à la barre, pression qui peut se régler en jouant sur la quête. Sous spi, ce monotype est absolument génial avec des accélérations étonnantes et toujours un contrôle à la barre excellent. Le bout dehors orientable est très pratique pour jouer sur la descente au vent arrière selon la force du vent.
 
Sur le pont
Simple et facile

Le plan de pont est particulièrement dépouillé avec un immense cockpit qui permet à l’équipage de moduler l’assiette selon l’allure et la force du vent.
Le choix d’une quille pivotante est fort bien venu car elle est relevable en navigation, ce qui permet d’accéder à des ports en eaux peu profondes et de mettre à l’eau sans avoir à gruter. Constructeur de l’Open 750, JPS Production a utilisé les mêmes tubes carbone pour réaliser le bout dehors et la bôme mais aussi a repris le moule du mât-aile modifié au niveau du retreint au dessus du capelage. L’accastillage et aussi tout le matériel du Mach 650 est donc de grande qualité et d’une fiabilité éprouvée tandis que la coque et le pont, construite en sandwich de feutre en verre avec nombre d’omégas et de varangues, rendent la structure extrêmement rigide tout en restant facile d’entretien et robuste au chocs.

L’avis de Christine Briand (match-race, préparation olympique, Tour de France, J-22, courses au large, Hobie Cat…)
« Ce type de bateau a un énorme potentiel et il va convaincre les régatiers de 20 à 50 ans  qui ont envie de se faire plaisir : c’est un bateau qui marche très vite tout en restant facile d’utilisation, avec un équipage peu nombreux. Il n’y avait pas vraiment de voilier de ce genre à l’exception de l’Open 750 qui est beaucoup plus cher et plus technique. Les coureurs qui viennent du dériveur ou du catamaran de sport seront conquis parce qu’à la barre, le Mach 650 est très doux au près, raide à la toile, facile à mener et au bon plein comme au portant sous spi, j’ai retrouvé les sensations à mi-chemin ente le 470 et le Hobie Cat 18. Il faut caler le bateau sur son bouchain avec la grand voile assez bordée et jouer avec les vagues.
Le bateau semble facile à mettre à l’eau avec sa remorque, ce qui est important pour être autonome et ne pas faire la queue sous la grue… Le fait de pouvoir remonter la quille pivotante est un bon argument car pas mal de ports tel La Rochelle ne sont pas accessibles à toutes heures avec deux mètres de tirant d’eau. Le plan de pont est simple avec quelques améliorations comme la position du barreur ou le palan de grand voile un peu physique dans la brise.
Le prix annoncé s’avère raisonnable par rapport à ce qui est proposé sur le marché mais il faut que les règles de classe soient rapidement claires : le poids de l’équipage doit être bien défini et j’opterais pour 280 kg maximum pour naviguer à trois ou à quatre. Car ce n’est pas toujours facile de trouver un équipage, de même pour le transport, l’hébergement en déplacement… Il faut que des jeunes et des femmes puissent naviguer à armes égales, sans avoir à chercher des « armoires à glace ». Il faut aussi que le matériel soit bien cadré au niveau des voiles (le nombre par saison, les matériaux, les surfaces) pour éviter toute course à l’armement et toute escalade budgétaire. »

 
Conclusion
Face aux Melges 24, aux Open 750 ou au nouveau First 7500, ce petit monotype propose une alternative moins onéreuse, à l’achat comme lors des déplacements, presque aussi véloce tout en étant plus simple, plus abordable et plus ouverte pour un large panel de régatiers de tous horizons. De plus, ses caractéristiques (largeur, poids, quille pivotante) permettent de simplifier les déplacements sans avoir besoin d’un 4x4. Agréable et performant au près, bien qu’humide, le Mach 650 devient exceptionnel au bon plein et sous spi dès 12 nœuds de vent avec ses perceptions proches du multicoque. Reste au chantier à assurer une production en série pour diffuser rapidement ce monotype sur plusieurs plans d’eau et à définir très précisément une jauge restrictive pour l’équipage et les frais de course afin que des jeunes comme des anciens régatiers puissent se confronter sans dérapages financiers ou physiques.
DBo

 
Le record du tour de l'Ile aux Moines est ouvert, renseignements sur le site internet du Festival de la Voile